La Trinité

Trinité / Trimurti

Dans l'hindouisme, la Trimūrti (devanagari : त्रिमूर्ति), trois formes en sanskrit, est la partie manifestée de la divinité suprême qui se fait triple pour présider aux différents états de l'univers. Dans le shivaïsme, les dieux Brahmâ, Vishnu et Shiva (ou Rudra, une forme terrible de Shiva), symbolisant respectivement la création, la préservation et la destruction, sont perçus comme des émanations de Shiva en tant que divinité suprême non manifestée et donc non représentable. D'un point de vue historique, la Trimūrti succède à la trinité védique formée d'Agni, Indra et Sûrya, les trois aspects du Feu sacrificiel.

Iconographie

La Trimūrti est représentée soit par les dieux Brahmâ, Vichnou et Shiva assis ou debout côte à côte, soit par les têtes de ces trois divinités réunies en un seul corps. On peut aussi leur trouver associé leur parèdre, leur femme, symbolisant l'énergie, le mouvement, tandis qu'eux représentent la matière, l'inertie. Ainsi Lakshmi complète Vichnou (la prospérité, -Lakshmi, est conditionnée par la préservation), couple qui se trouve mutuellement complété par celui de la Shakti (soit, Pârvatî-Kâlî-Durga) et Shiva (l'énergie féminine complétant la matière masculine), et enfin par Brahmâ et Sarasvatî (la connaissance, -Sarasvati, étant nécessaire à la création).

Trimurti et Trinité


D'après l'indianiste français Alain Daniélou, la Trinité chrétienne ne serait pas sans rapport avec la Trimūrti, les conceptions philosophiques hindoues étant connues du monde grec au début de notre ère. La ville d'Alexandrie accueillait d'ailleurs une communauté indienne et des témoignages grecs sur le culte vishnouite du IIe siècle av. J.-C. existent (dont celui de Héliodore, fils de Dion). Selon cette interprétation, Dieu le père, le créateur, est à rapprocher de Shiva, le dieu se substituant à son organe de création, le lingam. Vishnu serait alors Dieu le fils, descendant sur la terre sous forme d'avatar. On trouve d'ailleurs un certain nombre de similitudes ou ressemblances entre Krishna, les autres avatars et le Christ, à noter que Krishna et Achille meurent de la même façon, une flèche dans le talon. Ces similitudes entre Jésus et Krishna ont fait l'objet d'étude par des auteurs comme Gerald Massey (1828–1907), Kersey Graves (1813-1883), un quaker de l'Indiana, et d'autres encore.


Phra Trimurti : Le Dieu d'Amour


Phra Trimurti est une divinité Thaïlandaise unique à trois visage : Brahma (le Créateur), Vishnu (le Conservateur) et Shiva (le destructeur). Pour les Thaïlandais, Phra Trimurti préserve l'amour de ce monde. Il gagne en popularité chez les adolescentes thaïlandaises et les jeunes couples jeunes à la recherche de celui-ci. Sa statue la plus connue fut construite en face du sanctuaire d'Erawan (dédié aux Quatre faces du Bouddha) pour répondre à la grande piété des Thaïs envers Brahma. Aujourd'hui elle se dresse avec élégance au milieu d'une pièce d'eau douce à côté du Temple de Ganesh en face de Isetan.

Triades indo-européennes

Les sociétés indo-européennes antiques ont, chacune, défini une triade de divinités majeures qui reflètent, au niveau du sacré, les fonctions tripartites indo-européennes autour desquelles s'organise ces sociétés.

1. Le sacré, miroir d'un profane triparti

Comme développé par Georges Dumézil, le terreau commun indo-européen comprend, entre autres, une hiérarchisation des divinités qui reflète celle de la société fondée sur un fonctionnement triparti. La triade théologique indo-européenne est liée à, et reflète, la tripartition fonctionnelle de la société indo-européenne entre :

  • la fonction religieuse liée au sacré
  • la fonction militaire liée à la force
  • la fonction productrice liée à la fécondité

La première fonction présente elle-même deux aspects, l'une est formelle, d'origine sacerdotale, s'exprime également dans une dimension juridique et est enracinée dans ce monde (le « sacré ») ; l'autre aspect de la souveraineté est fondée sur la puissance et enracinée dans l'autre monde (le « saint »).

2. Antiquité

Dans la religion de la Rome antique, la triade précapitoline comprend Jupiter qui incarne la souveraineté, Mars, symbole évident de la force guerrière et Quirinus prenant en charge la production et la fécondité. Cette triade précapitoline, correspondant à la triade ombrienne : Jupiter, Mars et Vofionus, un dieu. Elle est remplacée par la triade capitoline, celle vénérée sur la colline du Capitole qui comprend Jupiter déjà cité et qui garde son rôle, Minerve, déesse de la sagesse mais aussi de la guerre aux attributs guerriers (égide, lance) qui prend la place de Mars pour incarner la force guerrière, Junon, quant à elle, symbolise le mariage lorsqu'elle est représentée recouverte de voiles, ou est associée à la fécondité lorsqu'elle en tient l'emblème, une pomme de grenade.

Dans la mythologie germanique et nordique, la triade est représentée par Odin, le dieu suprême qui occupe la place de Jupiter dans la triade capitoline, Týr ou Thor, dieu de la guerre et de la force symbolise, comme Mars ou Minerve, la fonction guerrière alors que Freyr, le dieu de la vie et de la fertilité, représente le troisième élément. Dans la mythologie celtique, Taranis, Ésus et Teutatès, composent la triade celtique telle qu'attestée par le poète latin Lucain.

3. Du védisme aryen à l'hindouisme

On retrouve en Inde les mêmes triades que dans les mythologies européennes. L’hindouisme conçoit la trimûrti (« trois formes » en sanskrit), comme une triade divine comprenant les dieux Brahmâ le créateur, Vishnou, associé à la conservation et à la protection, et Shiva, symbolisant la destruction. D'un point de vue historique, la trimûrti succède au védisme. La trinité védique est formée d'Agni, seigneur du feu sacrificiel et du foyer, d’Indra, divinité de la guerre et incarnation de la force et de Sûrya qui incarne le soleil et la génération (il est le père du premier homme).

4. La Trinité synchrétique

Les religions sémitiques sont caractérisée par leur hénothéisme, voire, pour le judaïsme tardif, par un monothéisme exclusif. Le mot « trinité » n’appartient pas au vocabulaire du Nouveau Testament, ni au dogme originel des premières communautés chrétiennes. On trouve le mot grec Τριας, Trias, qui signifie « trois », utilisé à propos des trois Personnes divines, pour la première fois (vers 180) dans les écrits de Théophile d'Antioche (À Autolycus, II, 15). C’est Tertullien (dans les premières années du IIIe siècle) qui introduit le terme Trinitas dans le lexique théologique latin (Contre Praxeas). C'est avec l'arianisme, au début du IVe siècle, qu'enfle la polémique, et l'usage du mot.

Source : Wikipédia

Correspondance des différentes trinités :

Castes védiques :
Brahman - Khsatryas - Vaiychas

Fonctions sociales :
Prêtre - Guerrier - Paysan

Trinité indo-aryenne selon les Védas
Surya - Indra - Agni

Trinité nordique selon les Eddas
Odin - Thor - Freyr

Trinité celtique selon Marcus Annaeus Lucanus
Teutatès - Taranis - Ésus

Trinité slave
Dajbog - Peroun - Stribog

Trinité grecque
Zeus - Arès - Déméter


Trinité romaine (avant 509 BC) selon l'Ab Urbe condita
Jupiter - Mars - Quirinus

Trinité romaine (après 509 BC) selon l'Ab Urbe condita
Jupiter - Minerve - Junon

Trinité hindous (400 à 1000 AD) selon les Puranas
Brahma - Vishnu - Shiva

Trinité chrétienne (1 à nos jours...) selon la Bible
Père - Fils - Saint-Esprit