L'Aristocratie

La notion aristocratique (Aristocratia / société des meilleurs) est sans doute la plus importante pour les indo-européens. Le terme Arya, se dit en sanscrit Arya, en perse Ariya, en avestique airya et en grec Aristos. Cet adjectif se trouve tout au long des textes sacrés indien et perse. Il désignait le peuple indo-européen. Avec les années, il devint synonyme de bravoure et d'héroisme. On peut y voir une analogie avec le terme "Spartiate" qui signifiait à la fois le peuple de Sparte et la caste aristocratique de la république lacédémonienne (les Lacédémoniens en formaient la plèbe), caste assujétie à une grande rigidité de moeurs guerrières. Aujourd'hui encore, les bouddhistes, les hindous, les jaïns, les sikhs ou les zoroastriens attachent beaucoup d'importance à cette notion d'Arya ("Celui qui est noble"). Arya se retrouve dans toutes les langues indiennes, avec toutefois des différences orthographiques : par exemple, en pali et prâkrits, Arya peut s'écrire Ariya, ayya, ajja, et AJE.

En Europe et jusqu'au XIXème siècle, Arya désignait :

Les langues indo-européennes d'Asie
Les premiers peuples indo-européens
La plus ancienne notion d'aristocratie

Etymologie :

Dans ses formes les plus anciennes, le terme indo-iranien "Arya" est une appellation nationale, à savoir le nom du groupe ethnique qui fonda l'Inde et la Perse. Il s'agit d'un adjectif auto-référentielle. Son antonyme est anārya (Anarya en sanskrit et Anairiia en avestique), qui signifit "l'Autre".

Utilisations religieuses :

Le terme Arya est définit dans les textes hindous, bouddhistes, et Jain. Dans le contexte spirituel Indien, il s'applique à celui qui maîtrise les quatre nobles vérités et qui suit la voie spirituelle. Les religions de l'Inde sont parfois appelées collectivement Arya Dharma, un terme qui englobe les religions originaires de l'Inde (par exemple l'hindouisme (Sanatana Dharma), le bouddhisme, le jaïnisme, le sikhisme).

Hindouisme :

"O mon Seigneur, une personne qui chante ton saint nom, bien que né d'une famille pauvre comme celle des Tchandâla, peut-être situé au plus haut niveau de la réalisation de soi. Une telle personne doit avoir exercé toutes sortes de pénitences et de sacrifices, et pris a de très nombreuses reprises des bains dans tous les lieux saints. Une telle personne est considérée comme la meilleure au sein de notre famille aryenne "(Srimad Bhagavatam 3.33.7).

Dans les Védas :

Le terme Arya est utilisée 36 fois en 34 hymnes dans le Rig Veda. Pour le philosophe indien Shrikant Talageri, Arya désigne une tribu. « Brahma de gloire est celui à qui les Aryens et les Dasas appartiennent » (Livre VIII, chapitre 8, verset 9). Mais il a également un sens moral, RV 9:63:5 "Tout ce que Dieu fit dans l'univers fut créé Arya (noble)".

Dans les épopées :

Arya et Anarya sont principalement utilisés dans le sens moral dans les épopées hindoues. Les gens sont généralement appelés Arya ou Anarya en fonction de leur comportement.

Ramayana :

Dans le Ramayana, le terme Arya s'applique à Raksasas et à Ravana. Dans plusieurs cas, les Vânaras et Raksasas s'appelent Arya. Le roi singe Surgriva est appelé Arya (Ram: 505.102.712), et il parle de son frère Vali comme d'un Arya (Ram: 402402434). Ravana utilise ce terme pour se désigner lui et ses ministres (Ram: 600600512).

Ravana et ses ministres appartiennent aux castes supérieures (Ravana étant un brahman), et les gens des castes supérieures sont généralement considérés comme « nobles » et donc appelés Arya. Ainsi, alors que Ravana est de caste Arya (et considéré comme tel), il n'est pas vraiment Arya parce qu'il n'est pas noble dans ses actes. Donc, il est largement considéré par les hindous comme Anarya (non-Arya).

Le Ramayana décrit Rama en tant que : Arya sarva samascaiva sadaiva priyadarsanah, qui signifie « Arya qui travaillait pour le bien-être de tous et était cher à tous ».

Mahabharata

Dans le Mahabharata, les termes Arya et Anarya sont souvent appliquées en fonction des comportements d'une personne. Dushasana, qui a tenté de dévêtir devant le tribunal Draupadi Kaurava, est appelé "Anarya" (mbH: 0020600253). Vidura, le fils d'un Dasi né Vaiycha, est la seule personne dans l'assemblée dont le comportement soit qualifié d'Arya, parce qu'il est le seul a protesté lorsque Dushasana déshabille Draupadi en public. Les Pandavas s'appelent eux-mêmes "Anarya" dans le Mahabharata (0071670471) lorsqu'ils tuent Drona par la ruse. Selon le Mahabharata, le comportement d'une personne détermine s'il est Arya. Aussi, tout le clan Kuru fut appelé Arya.

Dans l'hindouisme moderne

Selon Swami Vivekananda, « Un enfant ne naît pas matériellement Aryen, il le devient par la spiritualité. » Selon le Smriti Manu, les grandes lois religieuses nous soignent en définissant l'Arya : « Est Arya celui qui naît à travers la prière ». Chaque enfant qui ne naît pas « dans la prière » est illégitime : « L'enfant doit être anticipée et prévue. Ces enfants qui viennent maudits, qui se glissent dans le monde, par des moments d'inadvertance  - Que pouvons-nous espérer d'une telle descendance ? ». Swami Dayananda est le fondateur de la société dharmique Arya Samaj en 1875. Ce groupe prone le retour aux Védas et la stricte application d'une société védique. Arya est également un prénom populaire chez les dravidiens.

Jaïnisme

Le mot Arya est souvent utilisé dans le jaïnisme, dans les textes Jain comme le Pannavanasutta.

Zoroastrisme

Ce mot est l'un des plus utilisé dans l'Avesta, il figure également sur l'inscription de Behistun (inscription monumentale décrivant les conquêtes de Darius Ier en trois langues : le vieux-persan, l'élamite et l'akkadien).

Bouddhisme

Le mot Arya (Pali: ariya), dans le sens « noble » ou « élevé », est très fréquemment utilisé dans les textes bouddhistes pour désigner un guerrier spirituel ou un héros. Ils utilisent ce terme beaucoup plus souvent que les hindous ou les textes Jain. Bouddha Dharma et Vinaya sont des dhammavinayo ariyassa. Les Quatre Nobles Vérités sont appelés les āryasatyāni catvāry (sanskrit) ou cattāri ariyasaccāni (pâli). Le Noble sentier octuple est appelé le āryamārga (sanskrit, également āryāṣṭāṅgikamārga) ou ariyamagga (pâli). Les bouddhistes eux-mêmes sont appelés ariyapuggalas (personnes Aryas). Dans les textes bouddhiques, les Aryas ont la Sila bouddhiste (la vertue bouddhiste) et suivent la voie bouddhiste. Ceux qui méprisent le bouddhisme sont appelés "anāryas". Ceux qui ont le flux spirituel le plus fluide sont Arya Pudgala (le peuple Arya). Dans les textes bouddhistes chinois, Arya se traduit par 圣 (« le saint / le sacré »).

Le caractère spirituel de l'utilisation du terme Arya dans les textes bouddhiques peut également être considérée dans le Mahavibhasa et dans le Yogâcârabhûmi. Le Mahāvibhasa déclare que seuls les nobles (Aryas) réalisent l'ensemble des quatre nobles vérités (āryasatyāni) et que seul un sage noble les comprend parfaitement. Le même texte décrit les Aryas comme ceux qui « ont compris et réalisé ce qu'était la vérité de la souffrance (impermanence, vacuité et renoncement au Soi) ». L'Arya sont ceux qui « comprennent les choses telles qu'elles sont ». Dans un autre texte, le Yogâcârabhûmi (Taisho 1579, vol. XX, 364b10-15), les Aryas sont « exempts de viparyāsas (préjugés) » .

Plusieurs textes bouddhiques montrent que le Dharma Arya a été enseignée à tous, y compris les Aryas, Dasyus, Devas, Gandharva et Asuras. Le Bhaiṣajyavastu (du Mūlasarvāstivādavinaya) décrit une histoire de Bouddha enseignant son dharma aux quatres rois célestes (Catvāraḥ Maharajah) des quatre directions. Dans cette histoire, les gardiens de l'est (Dhrtarâstra) et du sud (Virūḍhaka) sont āryajatiya (Aryas) et parlent le sanskrit, tandis que les gardiens de l'ouest (Virūpākṣa) et du nord (Bishamonten) sont dasyujatiya (Dasyus) et parlent le Dasyu. Dans le but d'enseigner son dharma, Bouddha prononce ses discours dans les langues aryenne et Dasyu. Cette histoire décrit l'enseignement de Bouddha Dharma aux Aryas et aux Dasyus.

Dans de nombreuses régions de l'Inde du sud, si un nouveau venu est jugé respectable, on utilise le préfixe "Ayya", dérivé de Arya. Les indo-aryens sont censées avoir migré du nord de l'Inde vers le Sud (où vivent les populations dravidiennes) et ont influencé la culture, les traditions et les langues dravidiennes.

Europe actuelle

En Europe, Arya est à l'origine de nombreux mots. Il est évidemment à l'origine du mot aristocratie. En vieux gaélique, Aire signifie l'homme libre ou le franc-tenancier. Ar désigne celui qui cultive sa terre et Airon/Airech signifient aristocrate. Dans les langues germaniques, Ehre signifiant "honneur".

Asie actuelle

Le mot indien Arya désigne particulièrement l'idée de noblesse depuis le 5ème siècle avant notre ère. Cette évolution se fit avec la disparition progressive des indo-européens. Ce sens particulier sera repris dans la littérature bouddhique. En Iran, il est redevenu un terme ethno-linguistique. Iran signifie "Pays des Aryas".


Qui est Arya ? (définition de l'Arya Samaj)

Celui qui croit en la notion de liberté et de responsabilité personnelle

Celui qui croit en « l'éthique de la réciprocité » :
Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.

Celui qui fera respecter la Loi et obéit à celle du karma

Celui qui n'est pas égoïste

Celui qui est assertif (détaché) et jamais agressif

Celui qui croit en la notion de bien commun

Celui qui se rend compte que seul son comportement et ses actions en fait un Arya

Celui qui juge une personne par ses actes et son comportement

Celui qui croit aux actes plus qu'aux mots

Celui qui est honnête, mesuré et généreux

Celui qui est digne de confiance

Celui qui mettra sa confiance en ceux qui en sont dignes

Celui qui est en paix avec lui-même et avec le monde

Celui qui à confiance en lui et qui contribue au bien-être de la société

Celui qui s'est débarassé de son égo

Celui qui prend les choses avec recul et sans préjugé (qui se base sur des faits)

Celui qui apprend du passé, des expériences présentes et qui prépare l'avenir avec bienveillance

Celui qui protège la nature et est compatissant envers ceux qui ne peuvent se défendre

Celui qui respecte les Arya et ceux qui ne peuvent se défendre

Celui qui est humble et modeste

Celui qui est poli et respectueux, en particulier avec les Arya et les plus faibles

Celui qui respecte l'opinion d'autrui 

Celui qui agit en fonction du bien commun

Celui qui estime que les décisions doivent être fondées sur la raison et la compassion,
ne reposant ni sur l'émotion ni sur l'égo

Celui qui se rend compte que la volonté de la majorité n'est pas nécessairement la meilleure
surtout si la majorité est constituée d'imbéciles ou de gens mauvais.

Celui qui n'hésitera pas à défendre les autres Arya et les plus faibles contre les mauvais et les idiots.

Celui qui n'hésitera pas à défendre les principes du Dharma Arya

Celui qui n'hésitera pas à punir ou détruire les idiots, les fous et les gens mauvais qui font du mal aux faibles
et aux Arya. L'Arya défendra la juste équité contre les sots et les mauvais, même si ces derniers sont de sa famille. Il ne doit jamais se laisser aveugler même par l'un de ses proches. La destruction des esprits mauvais est une destruction de l'esprit. Briser l'esprit mauvais par la punition et le remboursement de ses actes est une chose juste. Les idiots et les mauvais sont centrés sur leur égo et ne savent pas s'en détacher.

Celui qui prend la joie de vivre et les petits plaisirs qu'offre la vie, à condition qu'ils respectent le Dharma. La spéculation, l'alcool, la consommation de viande et la sexualité illicite ne sont pas de l'ordre du plaisir mais de l'impur.

Celui qui agit en toute chose avec modération

Celui qui n'a pas peur, mais qui se rend compte que la discrétion est la meilleure preuve de valeur.

Celui qui ne s'attache pas au dogme mais à leur signification

Celui qui attache plus d'importance à la spiritualité qu'à la religiosité

Celui qui ne s'arrête jamais d'apprendre - à partir de ses expériences, de celles des autres, de l'histoire passée et présente.

Celui qui se rend compte qu'il n'y a pas d'absolu - la seule chose qui est constante est le changement - les gens peuvent changer, les temps peuvent changer, mais le Dharma et la loi du karma règnent en maître.

Celui qui croit que l'Etat doit être soumis au Dharma Arya et non à la richesse,
la volonté de la majorité, le dogmatisme et l'impur

Celui qui reconnait ses erreurs

Celui qui est prêt à la miséricorde si besoin est

Celui qui a élimine ses pêchés : orgueil, envie, avarice, luxure, paresse, colère, haine, convoitise,
indifférence, mensonge, tricherie, vol, commérage et diffamation

Celui qui affronte la saine concurrence

Celui qui est patient et persévérant

Celui qui accepte les droits et les devoirs du Dharma Arya

Arya sont ceux qui pensent en hommes d'action et agissent en hommes réfléchit.