Île de Man

Publié le par Serviteur d'Odinn-Brahma

En mannois, elle s’appelle Ellan Vannin. César l’avait appelé Mona, alors que les archives galloises du Moyen-âge s’y réfèrent sous le nom de Manau et les légendes scandinaves sous celui de Mon ou Maon. Toutes ces dénominations sont dérivées d’une racine signifiant " contrée montagneuse ". Il semblerait que le nom du Dieu celtique de la mer, Mannanan, soit issu de celui de l’île. Selon la légende, le redoutable géant irlandais Finn Mac Cuill arracha un énorme morceau de terre et le jeta derrière un rival qui s’enfuyait. Le morceau tomba dans la mer et devint l’Ile de Man, alors que le trou créé se remplit d’eau pour devenir le Lough Neagh, en Irlande du Nord.

 

En raison de sa situation géographique, l’Ile de Man eut une histoire perturbée. Régulièrement envahie par ses puissants voisins, l’île fut tour à tour irlandaise, scandinave, écossaise puis anglaise avant d’obtenir son indépendance. Les légendes racontent que, jusqu’au Vème siècle, l’Ile de Man était la demeure d’un puissant sorcier appelé Mannanan-Beg-Mac-y-Leir, qui empêchait les étrangers de s’approcher en employant des artifices magiques, comme celui de noyer l’île dans la brume ou de faire apparaître ses habitants cent fois plus nombreux.

 

Vers le VIème siècle, avec l’arrivée de missionnaires venus d’Irlande, l’île fut peu à peu christianisée. Le grand saint irlandais Patrick n’y mit certainement jamais les pieds, bien que son nom ait été donné à plusieurs sites. On lui prête toutefois l'installation de l’évêché et l'extermination des serpents venimeux, comme sur d’autres îles. La période celtique dura jusqu’aux invasions nordiques, au début du IXème siècle. Les Vikings se livrèrent d’abord au pillage, puis s’installèrent et firent de l’Ile de Man une base militaire importante, en liaison avec celles de Dublin, du Nord-Ouest de l’Angleterre et des îles Hébrides. Le chef scandinave le plus connu sur l’Ile de Man est King Orry. On raconte que, lorsqu'il arriva par une belle nuit étoilée, les autochtones lui demandèrent où se trouvait son pays, ce à quoi il répondit en désignant la voie lactée : " Voilà la route qui conduit à ma patrie. " En langage mannois, la voie lactée s’appelle encore " voie de King Orry ".

 

Le King Orry dont parlent les légendes était en fait Godred Crovan, qui dirigea l’île de 1079 à 1095. La forme gaélique de Godred était Gorry, qui perdit son ‘G’ initial pour donner King Orry. Le surnom de Crovan provenait, dit-on, du fait qu’il portait toujours des gants blancs en allant à la guerre. Les chefs Vikings qui avaient fait de l’Ile de Man leur royaume, s’ils étaient en théorie soumis au Roi de Norvège, ne lui portaient en réalité que peu de considération. Les descendants de Godred régnèrent sur l’île jusqu’en 1263, date à laquelle le Roi Alexandre III d’Ecosse, qui avait essayé en vain de s’approprier les îles Hébrides par marchandage, décida de les obtenir par la force. Pour les défendre, le Roi Haakon de Norvège arriva au large de l’Ecosse avec une grande flotte et fut rejoint par celle de Magnus, Seigneur de Man. Les Norvégiens perdirent la bataille à Largs, mais Magnus obtint le droit de garder l’Ile de Man, à condition de prêter allégeance au Roi d’Ecosse.

 

Un traité signé avec la Norvège en 1266 donna l’île aux Ecossais, un an après la mort de Magnus. Dès lors commença une période troublée dans l’histoire de l’Ile de Man, qui fut alternativement détenue par l’Ecosse, l’Angleterre et aussi l’Irlande. Au cours du vingtième siècle, l’île a obtenu une large autonomie politique, en tant que dépendance de la Couronne britannique. Celle-ci garde la responsabilité du fonctionnement administratif et de la politique étrangère, alors que le gouvernement local exerce un contrôle total sur les affaires internes et dans les eaux territoriales.

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