Le Dharma

Publié le par Serviteur d'Odinn-Brahma

Dharma sanatana définit par le professeur Jean Haudry :

« L’adjectif sanatana est un dérivé en –tana- (indo-européen *-t(e)no-, suffixe probablement issu d’un dérivé de la racine *ten- « tendre », « s’étendre »), bâti comme les adjectifs latins cras-tinus sur cras « demain » , diu-tinus sur diu « longtemps », matu-tinus sur * matu- « le matin », et leurs homologues grecs et lituaniens sur une forme adverbiale (non attestée) *sana, « jadis » (ou sens similaire), tirée de l’adjectif sana- « ancien, vieux » (latin sen-ex, etc.).

Il signifie « originel », « qui se prolonge depuis l’origine ». Qualification paradoxale pour dharma, forme récente (le Rigvéda ne connaît que dharman-, avec le sens de « fait de maintenir, de se maintenir, maintien, comportement », et désignant une réalité qui l’est aussi : le système des castes (jati-) des droits et des devoirs correspondants, bien qu’il soit censé se fonder sur la structure même de l’univers, s’est constitué progressivement en Inde. Une première attestation figure dans un texte appartenant aux parties récentes du Rigvéda, où le terme utilisé est varna- « couleur (symbolique )» Mais la codification des droits et des devoirs de chacune des trois castes aryennes (les « deux fois nés ») et de la quatrième caste, non aryenne, la répartition de la vie des brahmanes en quatre périodes ne se fixent que dans les dharmasatra et dharmashastra, dont le plus connu est le Manava- dharmashastra, les « lois de Manou »

Naturellement, si l’on traduit sanatana par « éternel », la conception d’un dharma sanatana relève de l’illusion commune aux diverses sociétés traditionnelles sans écriture de la permanence de leurs institutions. Mais si l’on adopte une traduction comme « immémorial », « traditionnel », la conception apparaît justifiée : le système des quatre castes de l’époque classique provient effectivement de celui des trois varna de l’époque védique, et de la période précédente (indo-iranienne) ; système qui, à son tour, reflète la structure indo-européenne des trois fonctions et des trois couleurs –initialement cosmiques – qui leur sont associées : le blanc du ciel du jour, le rouge des deux crépuscules, le noir de la nuit. »

Le Dharma sanata analysé par Gaura Krishna :

« Ce terme veut dire ‘Loi Eternelle’. Sa meilleure traduction française est le mot ‘Loi’ si l’on y met une majuscule. Lorsqu’est ajouté le mot 'sanatana' qui signifie ‘éternel’, ‘impérissable’, l’expression sanatana dharma signifie donc la 'Loi Eternelle' qui est la Loi qui régit le Cosmos entier, la seule qui soit éternelle et impérissable. Le sanatana Dharma est donc la Loi Cosmique, la Loi de la Nature. On voit aussitôt que cette expression ne doit pas être restreinte au mot ‘religion’ comme certains traduisent ‘dharma’. Pourtant cette traduction, elle aussi, est juste si l’on considère le mot ‘religion’ dans son sens premier, venant du latin ‘re-ligare’ signifiant ‘re-lier’. La religion est ce qui relie l’homme à Son Essence, à Son Être, et cette liaison est justement la ' Loi Cosmique '.

L’homme doit donc acquérir la connaissance de la loi cosmique et ainsi se comprendra-t-il lui-même, se trouvera-t-il lui-même. C’est pourquoi le véritable hindouisme, le véritable sanatana dharma, rejette toute foi aveugle, mais au contraire demande à l’homme de s’autodéterminer, de rejeter tout dogme. La voie du sanatana dharma, qui est la voie de la découverte de la Vérité, peut donc aussi être appelée ‘Science’. Il est d’ailleurs caractéristique de voir que la science actuelle ne fait que redécouvrir des lois énoncées depuis des millénaires par les voyants védiques.

Certains traduisent aussi le terme 'dharma' par le mot ‘devoir’. C’est bien entendu un sens restreint mais le terme dharma le contient aussi. En effet, pour Se trouver, l’homme doit vivre en harmonie avec la Loi Cosmique, c’est ce qui constitue son devoir, c’est ce qui constitue son 'dharma'. La Loi Cosmique s’applique à tout être, à tout ce qui a vu le jour, ce qui regarde aussi la particule matérielle ou subtile la plus infime. Toute la création, toute la Nature est sujette à cette Loi, dont Jésus a dit que 'pas un iota ne passera, ce qui signifie que nul ne peut échapper à la Loi Cosmique qui régit l’Univers entier.

Nous sommes donc loin de la notion de 'morale' que l’on a voulu donner aussi au mot 'dharma'. La morale consiste tout simplement à se conduire en harmonie avec la Loi Cosmique. Pour prendre un exemple, la morale consistera à se munir de vêtements pour sortir sous un froid de canard. C’est vivre ainsi en harmonie : le corps ne pouvant résister à certaines températures, il faut faire en sorte qu’il le puisse et se mette donc en harmonie. La transgression de la loi a un effet, comme toute action a une réaction, en l’occurrence l’effet sera un rhume, une bronchite ou une pneumonie. Il est donc moral de se vêtir, c’est aussi un devoir, et c’est la loi.

Tout obéit au sanatana dharma, le soleil, la lune, la terre. La gravitation fait partie de la Loi Universelle, du Sanatana Dharma. Qu’en mathématiques 1 + 1 fassent 2, c’est aussi le sanatana Dharma.

La non-compréhension graduelle de l’homme, qui fait aussi partie de la Loi Universelle, ce que l’on appelle le nivellement par le bas, a hélas abouti au fait que le sanatana dharma ait avec le temps été appelé 'hindouisme' et qu’à la suite une religion se soit créée. Cela nécessite une explication :


Le véritable nom de l’Hindouisme est sanatana Dharma. En ce sens tout est hindou à la base. Un enfant qui naît est, par nature, hindou, puisqu’il est soumis au sanatana dharma comme toute chose. Le soleil est hindou, la lune est hindoue, tout est hindou. D’où vient donc ce mot ' hindu' ?


Le mot 'hindu' vient du persan. Comme on le sait, le sanscrit est passé en Perse avec les migrations et a subi, comme toute langue, des changements. Un nombre important de mots sanscrits se retrouvent dans le Zend-Avesta. Mais le 's' sanscrit est souvent devenu 'h' en persan (ndlr : ou 'z'). Ainsi le terme 'asura' qui désignait des dieux puis, par la suite, des démons, est devenu en persan 'ahura', comme dans 'Ahura Mazda'. Le terme « hindu » vient ainsi de 'sindu'. Le 'Sindu' est un des fleuves sacrés, appelé actuellement Indus. Les persans appelaient 'sindu', 'hindu', le peuple qui vivait de l’autre côté du fleuve 'Sindu'. Le terme ‘hindu’ ne désigne donc pas une religion particulière, mais il désigne un peuple, à savoir le peuple de l'Indus. Ce mot Sindu est d’ailleurs resté en indien, et on connaît la région de l’Indus qui s’appelle toujours le Sind. Ce n’est que par la suite que ce mot a été appliqué à la philosophie, ou à la culture, ou plus tard à la ‘religion’ indienne. Mais oublions cette religion née avec le nivellement par le bas et revenons-en à l’essence, au sanatana dharma.


En second lieu, pour exposer à l’aide de mots cette Loi Cosmique, les ‘sages’ (autrement dit les connaisseurs de cette Loi) se sont aidés de multiples symboles, d’images. Au fil du temps, les hommes n’ayant pas cette même Connaissance n’ont retenu que les images, vidées de leur signification. Les sages, pour aider ces mêmes hommes, ont créé des rituels, symboliques, pour les aider à acquérir cette même Connaissance et, au fil du temps, il en a été de même, l’homme a fini par appliquer les rituels sans plus les vivre, sans plus en connaître la signification. Il est ainsi né ce qu’il convient d’appeler une religion, l’hindouisme, qui s’est pour beaucoup transformée comme d’autres en une foi aveugle.


Ceci dit, revenons-en à la Loi Naturelle. On sait que toute action entraîne une réaction. Autrement dit toute cause a un effet. Lorsque l’on vit en harmonie avec la Loi Naturelle, avec le sanatana dharma, c’est comme le plateau de la balance qui demeure en équilibre, il n’y a aucun effet puisqu’aucune cause n’est née. Maintenant, dès que l’équilibre est rompu, à savoir dès que l’on ne vit plus en harmonie avec cette loi, dès que l’on transgresse cette loi, alors va naître un effet, le plateau de la balance va être déséquilibré. " Action " se dit en sanscrit ' karma '. Comme les effets de l’action sont compris dans l’action elle-même tout comme l’arbre est contenu dans la graine, l’effet de l’action s’appelle lui aussi ' karma '. Toute action en dehors de la Loi Naturelle va donc entraîner un ‘karma’, à savoir un effet, une réaction. La tendance des choses est de retrouver l’harmonie, la tendance du plateau de la balance est de revenir à l’état d’équilibre. Ce retour à l’équilibre se fait par le vécu du ‘karma’, la force qui fait que le plateau retrouve son état d’équilibre. Telle est le véritable sens du mot ' karma ', qui est un sens que l’on peut appeler, scientifique, ou moral, ou ce que l’on veut. Il en est ainsi, c’est la Loi, et ‘pas un iota’ ne peut en être évité.


Nous allons maintenant aller plus loin. Imaginons deux êtres absolument identiques, vivant totalement en harmonie avec la Loi Cosmique, c’est à dire suivant le Sanatana Dharma. Ils sont absolument purs, ‘semblables à Dieu’. Voilà que l’un, un beau jour, fait une action contraire à cette Loi. Il en subit donc des conséquences, à savoir que, pour retrouver le sanatana dharma, il doit passer par le vécu des conséquences de son action, autrement dit il doit ‘purger son karma’. De ce fait, sa ‘destinée’, autrement dit ‘ce qu’il a à vivre’, devient différent de l’autre.


Voilà la notion de destinée éclairée : chacun a une destinée différente en fonction des conséquences des actions passées qu’il a à vivre pour retrouver l’état premier d’équilibre. La destinée, ce sont les effets des actions passées que l’on doit vivre pour retrouver l’état d’équilibre, l’état originel, l’état premier. Il n’est rien là-dedans qui soit purement ‘moral’ ou ceci ou cela. En fait, morale, religion, science, sont des synonymes.


Son ‘devoir’, pour utiliser un autre terme synonyme, va donc être de vivre effectivement ces conséquences, autrement dit les expériences de vie qu’il a fait naître lui-même. S’il veut retrouver l’état premier d’équilibre, il DOIT faire face à ces expériences et les vivre et les surmonter. C’est ce que l’on appelle son ' dharma '. Faire son ' dharma ', c’est cela. On comprendra aisément que chaque être a un dharma différent, en fonction des actions passées faites par chacun. Le dharma propre à chacun s’appelle en sanscrit le 'svadharma' (le dharma propre). C’est en faisant son dharma, à savoir en vivant les expériences nées du karma, qu’on élimine ce karma et que l’on revient à l’état d’équilibre originel. Alors certains appellent cela morale, d’autres religion, d’autres devoir, d’autres science, d’autres philosophie, peut importe, ce ne sont que des noms. Ce qui importe, c’est la vérité, la réalité cachée derrière ces différents noms, et cette vérité est unique et la même. Que les hindous appellent l’action en dysharmonie avec la Loi Naturelle 'karma' et que les chrétiens l’appellent 'péché' ne change rien à l’affaire.


Voilà donc, en peu de lignes, expliquée scientifiquement le fait que les hommes ne soient pas 'égaux' naturellement, alors qu’ils le sont en essence. Voilà donc, en peu de mots, expliquée la notion de sanatana dharma et voilà donc, en quelques mots, résumée l’explication de la vie.


Ensuite il s’agit de logique.


Allons un peu plus loin, plus exactement entrons quelques peu dans les détails et voyons comment différentes traditions nous disent cela.


Lorsque l’homme est en complète harmonie avec la Loi Cosmique, il fait un avec cette Loi Cosmique. Autrement dit, il est uni à Dieu et Il est Dieu. Autrement dit il n’y a aucune création, la création étant un effet d’un premier déséquilibre. D’où vient ce premier déséquilibre ? C’est la question la plus difficile de la métaphysique à laquelle il n’y a aucune réponse. Certains disent : c’est le Jeu Divin, le Divin joue avec Lui-Même, etc... Ce que l’on peut savoir, c’est que la création, ce que certaine tradition appelle 'la chute' est créée par le 'désir'. En sanscrit, on appelle cela le 'désir primordial'. C’est l’apparition de la pensée, du mental. L’homme mentalise, ce qui veut dire qu’il y a une désolidarisation de l’Un.


Mais auparavant, il y a apparition de la dualité, à savoir que l’on a, d’une part la Conscience, et de l’autre la Nature. En fait ces 2 côtés ne sont que les deux côtés du même Un, plus exactement du même Non-Deux (puisqu’Un ne peut se définir que par rapport à deux). Conscience et Nature ou masculin et Féminin. La Conscience va être le Dieu, la Nature la Déesse, l’Energie. La Conscience est semblable à Dieu. C’est Adam , créé ‘à l’image de Dieu’, Adam, du sanscrit 'adi-manu’, le premier homme. Eve est la Nature. En Inde, on trouve Shiva (la Conscience), et Parvati, la Nature, appelée aussi Shakti, ou, dans le système samkhya : Purusha et Prakrti (la nature naturante), mais c’est exactement la même chose vue sous des points de vue différents. Adam vit au jardin d’Eden, au Paradis, il n’est pas différent de Dieu.


Avec l’apparition du mental vient l’apparition du sens particulariste du ‘moi’, la désolidarisation de l’Un l’illusion (du fait de la Nature, appelée aussi Maya l’illusion (d’où le mot magie), l’être croit qu’il est un individu, différent de sa Source, de son Être, en termes religieux de Dieu. Telle est la chute. Maya, le mental, est représenté dans la Bible par le serpent, c’est le mental, qui fait croire à l’homme qu’il est différent de son Être, qu’il est un individu ‘en dehors de Lui’. Dieu dit 'tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre de la connaissance qui est au milieu du jardin'.

Qu’est-ce que le fruit de l’arbre de la connaissance ? Il s’agit de la connaissance ‘discursive’, du mental. Dès que l’homme se met à mentaliser, qu’il mange du fruit mental, il chute. Il quitte son Être, il se ‘désolidarise’. 'Et il sut qu’il était nu'. Il devient homme : 'mental' se dit en sanscrit 'manas', qui a donné en anglais 'man', homme, ou 'Mann' en allemand. Il n’y avait auparavant aucune notion de nudité, aucune notion mentale. l’homme ne pensait pas, il était. Et l’homme chute, et c’est le départ de la création, de la manifestation. Nous avons ensuite la naissance, l’apparition, des deux fils 'Abel' et 'Caïn' dont les noms veulent bien dire ce qu’ils veulent dire, pour simplifier : le bien et le mal, notions qui n’existaient pas avant puisqu’avant il n’y avait pas de notion. Dès qu’Adam ‘pense’, mentalise, il y a la naissance du 3 : le sujet, l’objet, et la pensée de l’objet, plus exactement ce qui relie le sujet et l’objet. C’est l’apparition de la vie, que l’on trouve aussi dans le corps avec, en résumé, les deux nadis ida et pingala qui s’entrecroisent. 'Tu travailleras à la sueur de ton front, tu engendreras dans la douleur, etc... '. Pour retrouver l’unité première, il faudra annuler le karma, autrement dit vivre, cette vie permettra de vivre les expériences fruits du karma et ainsi de retrouver l’état originel.


En Inde, on trouve la même chose sous un nombre infini de symboles. Nous avons d’un côté Shiva, la Conscience, et Parvati de l’autre, la Nature. C’est Parvati, par Maya, l’illusion, à savoir elle-même, qui crée un enfant (qui plus tard deviendra Ganesha), qui n’est autre que le mental. L’enfant n’est pas créé par Shiva la Conscience, mais par Parvati la Nature. Cet enfant, le mental, empêche Shiva de rejoindre Parvati, il empêche les noces cosmiques, l’union de la Conscience et de la Nature, il empêche l’Union Originelle. On trouve aussi, dans le Ramayana, la séparation de Rama et de Sita, l’enlèvement de Sita par Ravana. Ravana, qui n’est autre que le mental, l’ego, ne peut s’emparer de Sita (la Nature) et donc la séparer de Rama (la Conscience) que par un jeu de Maya (l’illusion). Et alors c’est la Manifestation et tout le voyage de la vie qu’il faut à Rama pour se réunir à Sita, en tuant tous les raksasas, les démons et, en fin de compte, Ravana, l’ego.


Lorsque Shiva veut voir Parvati et s’unir à elle (alors qu’elle prend son bain), l’enfant créé par Parvati s’interpose : non, tu ne rentreras pas. Shiva est alors obligé de couper la tête du garçon (ce qui signifie que la Conscience tue le mental) et la remplace par une tête d’éléphant (or la tête d’éléphant est constituée de sens tous accrus au maximum : très grandes oreilles, yeux perçants, très grande ‘narine’, etc...) Il remplace la tête du garçon, le mental, par l’intelligence, par ‘buddhi’, la faculté de distinguer le vrai du faux, seul moyen pour Shiva de pouvoir s’unir à Parvati.


Ainsi, pour résumer, toutes les actions faites par l’homme, par Adam qui auparavant était semblable à Dieu et Un avec lui, a fait naître un karma tel au fil du temps que ce karma a fini par cacher la conscience. La totalité de ce karma constitue l’ego qui empêche l’homme de voir son Etre réel, Sa propre conscience. Pour revenir à l’état primitif, reprendre conscience que la Conscience et la Nature sont une seule et même chose, il faut tuer le mental, il faut tuer l’ego. Tel est le sens de la vie, comme Rama qui va vers Lanka pour rejoindre Sita mais doit tuer tous les démons qui sont sur le chemin. En fait c’est l’homme qui évolue vers Sa source en tuant tout le karma, en tuant tous les démons, et en terminant par tuer le mental lui-même, Ravana. Seulement alors il peut se réunir à Sita. Nous n’avons donné ici que le sens général sans entrer dans les détails, notamment l’intervention d’Hanuman qui seule permet la réussite des retrouvailles.


Le Sanatana Dharma est universel et il a donné lieu à des expressions symboliques, des traditions différentes dans l’expression, ici et là, mais il s’agit exactement de la même chose.


L’homme est Dieu en essence, et tout son parcours dans ses multiples vies est un retour à Soi. Qu’il le veuille ou non, il est mu par cela et uniquement par cela. La très puissante énergie sexuelle ne naît que par le désir de cette union du masculin et du féminin, de la Conscience et de la Nature. Même sur ce sujet, ne parle-t-on pas de l’atteinte du « 7ème ciel, ce qui est tout de même significatif ! Du fait de l’illusion, qui lui fait croire qu’il est un individu, l’homme pense que le bonheur se trouve d’abord dans la possession, l’union avec les choses extérieures - puisqu’en tant qu’individu il les voit comme extérieures à lui - mais le seul bonheur n’est pas d’avoir, mais d’être. Avoir est un acte de l’ego qui voit les choses comme extérieures à soi alors que tout est en soi. Les plus grandes découvertes de la science ne sont que le résultat de l’homme pour se trouver lui-même. Ce qu’il trouve à l’extérieur sont en fait des lois intérieures qui le régissent lui aussi car l’homme est un microcosme du macrocosme, l’Univers entier est en lui. Comme le disait l’inscription : 'Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.' Masculin et Féminin sont en l’homme même.


Tout comme le karma accumulé depuis des temps infinis a recouvert l'être d'une carapace énorme appelée ego et que l'être a fini par croire qu'il était cet ego, de même le sanatana dharma a été recouvert au fil du temps de rites, symboles, discours, dogmes et autres et l'homme a fini par croire que c'était toute cette couverture qui était le sanatana dharma qu'il appelle maintenant hindouisme.


Tout comme le jiva (âme individuelle) prend un corps pour une certaine durée, de même l'Etre prend un corps pour une certaine durée. Ce Corps, c'est le Cosmos, la Nature. Tout comme le corps de l'homme n'est pas l'être, de même la Nature n'est pas l'Être, mais illusion des sens. Tout comme le corps, la Nature naît (Brahma), se conserve quelque temps (Vishnu) et est détruite (Shiva). Tout comme le corps ne peut vivre sans l'être qui l'habite, la Nature ne peut être sans l'Être qui l'habite. Le Ramnam, la répétition du mantra ' Aum Sri Ram Jai Ram Jai Jai Ram ' nous rappelle constamment à cette réalité : 'Victoire à la Conscience'. Les noces cosmiques, l'Union de Shiva et de Parvati, c'est la réunion de l'Être et de la Nature; Avoir conscience constamment que les deux sont Un, que le moindre brin d'herbe est habité par Lui, qu'en fait tout est Lui : 'Sarvam kalu idam Brahma', ou, comme le dit Yogi Ramsuratkumar : 'Seul mon Père existe', c'est la Réalisation : Nature, Conscience et l'être qui faisait la distinction entre les deux redeviennent Un.


Ce qui a été prêché par Buddha, c’est le sanatana dharma, vu sous un certain angle. Ce qui a été prêché par Jésus, c’est le sanatana dharma, vu sous un certain angle. Les enseignements ne sont en rien différents, ce sont les angles qui sont différents. Tout comme il faut faire table rase de l’hindouisme actuel et revenir au sanatana dharma, il faut faire table rase des religions créées à la suite des enseignements de Jésus et de Buddha et revenir à leur message primitif qui est celui du sanatana dharma (ndlr : en bref, celui des indo-européens).


La science obéit au sanatana dharma en ce qu’elle est la découverte de lois de la Nature. Elle aide l’homme dans sa quête de connaissance et dans la disparition de fausses croyances et de superstitions. La science actuelle en est arrivée à voir que tout est un physiquement parlant, à savoir que tout peut être analysé comme un semble d’ondes ou de corpuscules. Ces ondes et ces corpuscules prennent simplement des formes qui apparaissent et disparaissent et qui, en plus, sont perçues de manière différente par les êtres. Par exemple, une fourmi ne perçoit pas un cheval de la même manière qu’un homme. Cela veut donc dire que la perception des choses est relative à celui qui les perçoit et à ses sens de perception. Ce que l’on perçoit n’est donc qu’une vérité relative à celui qui perçoit mais dans l’absolu cela n’est qu’illusion puisque sans réalité absolue. Ainsi même sur le plan physique la science peut parvenir aux mêmes conclusions. Par ailleurs, le mental fonctionne à partir des perceptions qu’il reçoit du monde extérieur. Or ces perceptions, nous venons de le voir, sont tout à fait relatives et en fin de compte illusoires. Comment le mental pourrait-il donc ‘percevoir’ la Vérité ? C’est une impossibilité totale.


Par ailleurs la science vue par le monde occidental s’arrête à ce qui est perçu par les sens, à savoir à ce qu’elle appelle ‘matériel’. En d’autres termes elle s’arrête à Bhuh. Elle n’est pas encore entrée dans le domaine ‘subtil’, dans Bhuvah qui est la cause du domaine physique et matériel, ni dans Svah qui est la cause du domaine subtil. Ces deux mondes ont aussi cependant leurs ‘lois scientifiques’ et obéissent eux aussi, étant du domaine de la Nature, au sanatana dharma. Les rishis de jadis ont exposé ces lois et les expériences rencontrées dans ces domaines, tout comme ils ont exposés les lois du domaine physique. Elle s’arrête au domaine de la veille, mais n’est pas entrée dans le domaine du rêve ou du domaine du sommeil profond et, lorsqu’elle le fait pour ce qui est des rêves, ce qu’elle expose n’est en rien scientifique mais du domaine de la conjecture.


Faire une distinction entre la science, la philosophie, la morale, la religion, la logique, etc..., tout ceci est purement illusoire et égare l’homme encore plus. Tout est " sanatana dharma ". Tous ces termes ne sont que des épithètes du mot 'Connaissance', 'Veda' (ndlr : qui donnera le mot Edda). »

 

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