Le symbolisme

Publié le par Serviteur d'Odinn-Brahma

Du signe au symbole

Le signe est une réalité matérielle (objet, personne, action visible) qui renvoie à quelque chose de concret.


Exemple :
Apercevoir des nuages noirs est signe de pluie
Voir un panneau "stop" est signe qu'il faut arrêter sa voiture
Marquer la page d'un livre pour la retrouver plus facilement dans le futur.


Le symbole, à partir d'une réalité matérielle (objet, personne, action visible) renvoie à quelque chose d'abstrait.


Exemple :
La balance est le symbole de la justice
Le chien est le symbole de la fidélité
La colombe est le symbole de la paix.


Les signes peuvent également se transformer en symboles !


Exemple :
Prenons quatre images ayant chacune une fonction très précise, faisant figure de signe :
* Arbre = porter du fruit pour nourrir l'homme.
* Etoile = l'éclairer dans la nuit.
* Ancre = Amarrer un navire.
* Nacelle = porter l'homme sur les flots.

De la symbolisation à la pensée humaine

Recourir au symbole est un moyen privilégié pour exprimer des réalités invisibles qui dépassent les mots. Chaque symbole porte un sens. Il éveille la raison, pousse la réflexion et exprime une réalité. La logique peut alors s'éveiller comme un muscle que l'on entraîne. Pour comprendre le monde, il faut le symboliser. Le soleil peut devenir un cercle, la montagne un triangle, l'arbre une croix, etc. Puis, les symboles enseignent de nouvelles notions. Le cercle par exemple, n'est-il pas une ligne sans fin ? N'exprime-t-il pas la notion d'infini ? Pourquoi cette forme ? Quel est son sens ? Quelles sont sa logique et sa raison ? A travers les formes géométriques les plus basiques, la nature communique à l'homme ses principes. Le monde est un ensemble géométrique, l'infiniment petit et l'infiminent grand sont liés. Par la transmition, les connaissances s'accumulent. Tel une onde de choc, les conceptions les plus simples ouvrent à des notions plus profondes...


Le texte qui suit provient du site "Les jardins symboliques" :

La fonction symbolique

Le symbole recouvre bien des significations, laissant entendre qu'il s'agit là de données conventionnelles, arbitraires, culturellement privilégiées ou irréelles, faisant jouer des niveaux métaphoriques ou allégoriques. Mais dans son sens archétypal, c'est à dire à un niveau d'interprétation touchant un principe universel, il se réfère à ce que l'on appelle l'inconscient collectif. L'archétype est le point de vue symbolique susceptible d'intégrer la totalité des points de vue concernant le symbole examiné, et rendant compte de la diversité des opinions, des métaphores, et des analogies qui peuvent être exprimées â son sujet.

"la symbolique nous apprend le bon usage du sensible; toutes les créatures sont en effet par nature une image et une représentation de la Sagesse éternelle, comme une ombre, un écho, des symboles et des représentations, des exemplaires ou plutôt des copies destinées à nous faire passer de l'univers sensible que nous voyons, au monde intelligible que nous ne voyons pas comme on passe du signe au signifié."

Jean de Fidanza (1220-1274)

"sache que le monde est double, un monde corporel et un monde spirituel, ou si tu préfères, sensible et intelligible; le monde spirituel est caché à la plupart des hommes, et le monde sensible est un monde immédiatement perceptible, puisque tous le connaissent. Mais le monde sensible est un point d'appui pour s'élever vers le monde intelligible. Et le monde qui échappe à la perception sensible et à l'imagination est précisément ce que nous entendons par le monde sacré ...il y a une relation d'homologie entre les deux. En conséquence il n' y a aucune chose du premier qui ne soit un symbole (mithal) de quelque chose du second."

Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazâlî (1058-1111)

"Plus notre expérience du symbole est intense, plus nous nous sentons devenir actifs et réels...le regard se détourne du monde des objets matériels et sensibles pour se diriger vers la source (âlayavijnâna) en laquelle sont renfermés les archétypes de toutes les formes, le germe (bija) de toutes les manifestations. Le sensible apparaissant sous forme "matériel"(rûpa skandha) devient ainsi l'exposant du "supra sensible", le point de départ de l'expérience du sans forme (sûnyatâ) qui est à la base de toutes les formes."

Anagarika Govinda (1898-1985)

"par l'examen attentif et persévérant du témoignage des choses créées la raison se dirige vers Dieu et se rapproche de Lui. Ceci est en un certain sens la voie "ascendante", sur les échelons créées l'homme s'élève vers Dieu, y découvrant le témoignage de l'être, de la vérité, du bien, et de la beauté que les créatures possèdent en elles mêmes. Cette voie de connaissance, qui a son origine dans l'homme et dans son esprit, permet à la créature de s'élever jusqu'au Créateur. Il y a une seconde voie, la voie de la "foi", qui a sa propre origine exclusivement en Dieu. Les deux voies different l'une de l'autre, mais elles se rencontrent dans l'homme même et en un certain sens, elles se complètent et s'aident mutuellement. "

Jean Paul II (2 avril 1985 et 13 mars 1986)

"La pensée symbolique ne peut être remplacée par un autre type de pensée. C'est à travers le symbole que tout homme, même l'homme contemporain, même s'il ne s'en rend pas compte, est ouvert sur le cosmos et sur le mystère de sa propre vie. La compréhension d'un symbole est comme une fenêtre ouverte sur un univers de significations qui autrement reste obscur, énigmatique ou même tout à fait ignoré. Connaître la signification des symboles donne de connaître des niveaux d'existence, des niveaux de réalité qui étaient jusque là scellés et inaccessibles. Cet ouverture rend l'homme capable de se comprendre en comprenant le monde. C'est à travers cet expérience que l'existence humaine révèle ses dimensions les plus profondes et les plus créatrices."

Mircea Eliade (1907-1986)

Le travail symbolique

En présence d'un objet, d'un animal, d'une partie du corps, ou d'une quelconque autre forme, ce travail consiste dans un premier temps à recueillir toutes les sensations, les impressions, les associations d'idées ou de souvenirs, les rêves et les lectures le concernant ; puis de chercher la réalité conceptuelle, dont on puisse dire par comparaison, tout ce que l'on a pu comprendre de la réalité sensible. On trouve ainsi l'archétype, c'est à dire le principe (l'arché) de la forme (le type) étudiée. Celui-ci intègre la très grande diversité des métaphores susceptibles de prendre en compte tel ou tel trait saillant de la forme étudiée. Ensuite il suffit d' appliquer cette découverte à la compréhension et à l'exégèse des textes anciens et traditionnels pour y découvrir des niveaux de sens plus profonds, traitant de réalités fondamentales.

Exemple : La Fleur de Vie

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